Un Apollon soviétique en mosaïque

A quelques kilomètres de Novossibirsk, en pédalant dans la campagne, je suis tombée sur cet énorme bâtiment orné de gigantesques panneaux de mosaïques. Le sol est pavé de dalles qui se fissurent et les herbes folles poussent de partout. Pas âme qui vive. Derrière les portes vitrées du bas, un mur de briques obstrue une porte, et une bibliothèque en désordre semble mariner dans son jus. Avec le ciel gris et la lumière blanchâtre ambiante de ce dimanche, j’ai l’impression d’être dans un décor de jeux vidéo et que des zombies vont me tomber dessus.

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Une entrée se profile et je lis sur une plaque accrochée au mur que j’ai devant moi l’« Institut de médecine clinique et expérimentale du bas Yeltsovka » – du nom de la rivière coulant dans le coin. Ça a le mérite de justifier le thème des mosaïques du bâtiment.

Hippocrate trône sur une des faces latérales gauche, puis vient l’embryologie représentée par une madone et son enfant. A l’opposé de l’embryologie, la gérontologie avec un homme âgé et barbu au pied duquel pousse une plante, allégorie à la vie (ça c’est mon interprétation !). Puis le deuxième père de la médecine après Hippocrate – Claude GalienGalienus.

Construit en 1970, l’institut a été décoré de ces mosaïques en 1984 par l’artiste Vassili Kirianov et s’intitule « l’homme, la science, la médecine ».

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Hippocrate
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Embryologie
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Galien
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Gérontologie

Le panneau central est celui qui me scotche le plus, avec ce beau gaillard nu comme un ver comme un apollon de la Grèce antique.

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« I’m sexy and I know it »

Comme l’indique la banderole au-dessus de sa tête, il est l’Homme nouveau à « l’esprit sain dans un corps sain » (« mens sana en corpore sano ») que se propose de construire le régime communiste soviétique. A ses côtés, deux thèmes chers à l’URSS et qu’on retrouve souvent dans les affiches et discours de propagande, à savoir la conquête de l’espace et de l’Arctique.

A gauche des cosmonautes tournoient dans le vide autour du soleil et d’un satellite, alors qu’à droite des scientifiques en chapkas saluent l’arrivée de matériels par hélicoptère dans ces régions polaires.

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« Hourra, on avait plus de mayo! »

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Un autre détail des avancées scientifiques et technologiques s’est subtilement glissé dans la fresque. Regardez les banderoles beiges trouées aux pieds de l’apollon. Ce sont en fait  des bandes perforées servant à encoder des informations et utilisées dans les premiers ordinateurs (perfolenta) ! Et c’était pas y’a si longtemps…

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Le bande perforée
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Un pin’s qui met en avant la perfolenta comme progrès scientifique en 1966
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Une machine pour “perfolenta”

 

Mon ami m’a rapporté des perfocartes datant de 1985 de son Institut de recherche, cartes qui marchent sur le même principe que les perfolentas.

J’ai même reçu un petit cours de codage à l’ancienne.

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Perfocartes et scéance de codage maison
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La tenue pour la mission chasse à la mosaïque
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Nous n’avons peur de rien, même pas de la neige
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5 réflexions sur « Un Apollon soviétique en mosaïque »

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